Nous proposons une série de conférence, destinée aux élèves et à public intéressé, sur des problématiques en rapport avec le programme de civilisation et dont l’avantage est d’apporter des outils de compréhension sur des concepts ou sur des sujets parfois d’actualité polémique.
Le mot djihad revient dans tous les mass médias. Des groupes musulmans encore aujourd’hui prétendent le pratiquer comme une obligation religieuse contre les infidèles et même contre d’autres musulmans qui ne partagent pas leur interprétation et leur pratique de la religion. Partout dans le monde musulman son apologie est faite et parfois au cœur même de l’Occident. Plus que jamais cette notion telle qu’elle est présentée et pratiquée fait de l’islam une religion violente, conquérante, belliqueuse et intolérante. Qu’en est-il vraiment de cette notion coranique, et que recouvre-t-elle comme significations ?
2- Les aspects exotériques et ésotériques du Prophète de l’islam
Prophète, se revendiquant de la même chaîne des Prophètes bibliques, Mohammed devait assumer une nature et une fonction. Deux dimensions constitutives se confondant dans son être prophétique : celle d’un des communs parmi les mortels et celle d’une personne en contact mystique avec le divin. Le premier aspect est lisible en tant que phénomène humain intelligible historiquement, anthropologiquement...
Par contre le deuxième aspect échappe par la nature de son objet à toute étude rationnelle, il ne pourrait donc être un sujet scientifique. Dans la tradition musulmane, deux approches se sont alors partagées l’étude de sa personne. La première fut celle des chroniqueurs, historiens musulmans (ahl siyar) et traditionnistes (al-muhadithûne). La deuxième fut celle soufis, mystiques musulmans, mais aussi celle des théologiens dans une certaine mesure. Les uns se sont limités à l’aspect exotérique, les autres à l’aspect ésotérique ou métaphysique de sa personne. Comment ces deux approches se complémentent-elles ? Une autre approche, normative cette fois-ci, s’est intéressée elle aussi au statut du Prophète pour étudier ses comportements : sont-ils tous source de lois ou non? Cette dernière démarche est spécifiquement celle des juristes musulmans. 3- Les Textes scripturaires, entre le spécifique temporel et l’universel permanent
Il s’agit d’une problématique ancienne, classique, mais qui reste d’une grande actualité. Il s’agit de ce que l’on pourrait qualifier d’un double « voyage herméneutique».
Le premier consiste à aller découvrir intellectuellement le sens des Textes dans les conditions initiales de leur énoncé, c’est le procédé classique de l’exégèse (at-tafçir) ; Le deuxième est un retour intellectuel à notre condition contemporaine pour voir comment ce sens scripturaire originel pourrait fonctionner aujourd’hui et comment il y répondrait ou non. 4- L’islam, peut-il être lu à partir du seul Coran ?
La question peut être formulée également comme suit : Le Coran est-il un Livre fermé sur lui-même ? Pour répondre à cette question, il sera nécessaire dans un premier temps de parler du statut et de la nature du texte coranique. Dans un deuxième temps il sera question d’analyser sommairement son contenu pour voir s’il opère ou non des ouvertures à d’autres sources du savoir et s’il permet d’autres perspectives rationnelle ou/et mystique pour découvrir et chercher le sens en dehors de la clôture scripturaire?
5- La production intellectuelle musulmane entre les Textes scripturaires, la raison et l’histoire
Il est un constat évident pour tout chercheur que l’histoire depuis l’avènement du Coran a vu passer les Arabes préislamiques d’une nation illettrée à une civilisation universelle, de culture et de savoir.
Malgré les aberrations et les dérives propres à toute civilisation où le destin d’une religion s’y trouve mêlé à celui d’un empire, l’islam à partir du spirituel et du sacré a pu malgré être source d’une production intellectuelle considérable. En effet si la religion musulmane repose sur un Livre, le Coran, celui-ci ne peut donner sens que si la Raison s’en approprie. C’est pour cette raison que l’un des premiers débats théologiques au sein de l’islam -et peut-être le premier de son genre dans l’histoire des monothéismes- fut celui du statut de la raison (al-‘aql). Aussi l’homme est un être historique, sa raison l’est également. C’est alors dans des circonstances historiques que des champs du savoir ont été découverts ou inventés par les musulmans. L’histoire nous informe ici que si l’islam repose sur un donné révélé, il n’en demeure pas moins qu’il reste une construction civilisationnelle historique dont la responsabilité incombe aux musulmans eux-mêmes. 6- Le concept du savoir (‘ilm) dans le Coran
Le savoir est un terme et un thème récurrents dans le discours coranique. Qu’elle est son importance et qu’il est son sens? Qu’elles sont ses sources et ses modalités? Peut-on parler d’une dichotomie ou d’une confusion entre le savoir profane et le savoir sacré, et que signifient ces deux termes dans la tradition musulmane?
Cette problématique pose inéluctablement la question de la sécularisation et la question de l’autonomie de la Raison en islam… Ce sont ces questions entre autres qui seront abordées pour traiter cette thématique.
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